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Arnaud Bazin [fini~]

 
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Arnaud Bazin
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MessagePosté le: Sam 27 Sep - 19:39 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

I : Présentation générale :

Nom : Bazin
Prénom : Arnaud
Surnom éventuel : -

Âge : 19 ans
Race : Humain

Formation : éducation religieuse plus ou moins intensive de douze à dix-huit ans. Cursus scolaire ordinaire jusqu'à la classe de première.
Fonction occupée au SAM : exorciste
Équipe : Eternal Yashiki
Capacités : Arnaud peut voir les esprits et communiquer avec eux, mais pas les toucher.
But dans la vie : Satisfaire les exigences de sa grand-mère pour avoir la paix.

Aspect physique : Ce jeune homme de dix-neuf ans mesure un peu plus d'un mètre quatre-vingt ; il ne prend jamais la peine de se peser, mais compte tenu de sa corpulence, son poids ne doit pas excéder les soixante-douze kilos. Son visage est émacié, son nez long et fin ; ses lèvres pâles sont parfois tordues en un rictus dépité, commissures comme tirées vers le bas ; c'est souvent tout ce qu'Arnaud donne à voir : sa tignasse blonde, mi-longue et coupée en dégradés irréguliers dont les pointes tombent sur sa nuque et caressent ses épaules, masque son front et ses yeux noisette, légèrement pigmentés de gris, aux paupières tombantes. Une ride verticale s'est creusée entre les sourcils presque perpétuellement froncés d'Arnaud, témoignage de sa contrariété. Pourtant, il n'a pas l'air de quelqu'un d'antipathique : ses mimiques n'ont rien d'inquiétant, et il lui arrive de relever à l'aide d'une ou deux barrettes les mèches qui lui obstruent la vue. Voir le visage de son interlocuteur, ça le rend déjà plus abordable.
Arnaud n'a pas vraiment ce qu'on pourrait appeler une carrure d'athlète : il n'est pas spécialement musclé et ses membres sont anguleux. Il compense ceci par une bonne agilité et une rapidité certaine : si les choses se gâtent, il est capable de courir très vite. Il possède également une capacité à la fois impressionnante et parfaitement inutile : celle de se gratter la joue avec le pied.
Quand il n'a rien de spécial à faire dans la journée, le style vestimentaire d'Arnaud est plutôt classique : chemise blanche correctement boutonnée, pantalon de velours de couleur sombre et chaussures cirées. Sa grand-mère veille à sa façon de s'habiller, mais dès qu'il ne l'a plus sur le dos, il n'y a plus de règles. Il enfile un jean noir sur lequel est attachée une ceinture en tissu de couleur identique, garnie de petits rectangles métalliques, et dont l'une des extrémités pend toujours négligemment ; pour tout haut, il ne porte plus qu'un sweatshirt rouge vif, ouvert sur son torse ; pour finir, il chausse d'épaisses bottines noires. Il y a cependant un accessoire dont Arnaud ne se défait jamais : une petite croix en argent, rattachée à un chaînette autour de son cou. Il s'agit d'un héritage familial, qu'il porte autant par attachement familial que pour exposer sa fonction d'exorciste.
Les poches de son pantalon sont suffisamment profondes pour qu'Arnaud y glisse certains objets liés à son activité, comme un flacon d'eau bénite ou une Bible miniature, en prévision d'un trou de mémoire. Il transporte toujours avec lui au moins une croix en bois, généralement cachée dans son sweat.


Caractère : Arnaud est quelqu'un de gentil, bien qu'il n'en ait pas toujours l'air. Il lui arrive de se montrer désagréable selon son humeur, comme tout le monde, mais il n'a jamais envie de faire du mal aux gens. Peut-être cela tient-il à l'éducation rigoureuse qu'il a reçu. Il est poli et connaît les bonnes manières, dont il ne se départ pas même quand sa grand-mère n'est pas là pour le rappeler à l'ordre. Évidemment, elle le surprend parfois à jurer, mais comme le moindre blasphème lui vaut plus d'une heure de remontrances, parfois même un morceau de savon dans la bouche, Arnaud préfère surveiller ses paroles. D'ailleurs, en règle générale, il doit faire attention à tout, de sa façon de marcher à celle de rentrer sa chemise dans son pantalon. Sa crise d'adolescence se déclarant sur le tard, ce n'est que récemment qu'Arnaud a commencé à tenir tête à l'ectoplasme qui le suit comme son ombre. Sa grand-mère n'aime pas sa coupe de cheveux actuelle et le lui fait bien sentir, mais il n'a pas l'intention de se coiffer autrement : ça lui plaît tel que tel, il a bien le droit de faire ce choix! Pour certaines occasions, cependant, il peut accepter de s'arranger un peu en se faisant une raie bien droite et en gominant ses mèches, mais c'est parce que son aïeule sait le faire culpabiliser. Elle sait à quel point son petit-fils tient à elle et n'aime pas la voir peinée, même si ces derniers temps il lui résiste davantage ; bien qu'elle se plaigne sans cesse de son attitude, elle est contente qu'il grandisse.
Arnaud, pendant des années, a été quelqu'un de replié sur lui-même, notamment parce qu'on lui soufflait toujours des codes de bonne conduite dans l'oreille, mais aussi et surtout parce qu'il dialoguait avec sa grand-mère sans parfois faire attention aux autres personnes autour d'eux. On le croyait dérangé, il était montré du doigt et son fantôme le sermonnait à cause de son manque de prudence. Il en a développé une certaine réserve qui, même s'il est aujourd'hui plus loquace, l'empêche de se confier à qui que se soit. Il ne s'est jamais fait d'amis et ne se croit pas capable de s'en faire, même parmi les gens dotés comme lui d'un sixième sens. Il cache cependant cette absence de confiance sous une attitude exubérante, du moins quand sa grand-mère ne l'accompagne pas. En sa compagnie, il est la plupart du temps silencieux, mais autrement il est plutôt "grande gueule". Il aime bien se vanter et raconter des histoires le mettant en scène sous son meilleur jour. Il exagère pas mal, aussi doit-il s'excuser platement auprès de ses interlocuteurs quand son aïeule le surprend en flagrant délit de mensonge.
Sa grand-mère l'énerve, mais elle est la seule famille qu'il ait et malgré son caractère, il l'aime énormément. Étant exorciste, il pourrait rompre les chaînes qui les lient l'un à l'autre, mais il n'en a pas le coeur. Si elle disparaissait, il n'aurait plus personne. Sous ses airs bravaches, et bien qu'il prétende le contraire, Arnaud dépend encore beaucoup d'elle. Seul, il ne chercherait sans doute plus à devenir un exorciste confirmé : en effet, en dépit de son éducation religieuse, Arnaud ne croit pas en Dieu, sans pourtant nier son existence : il n'a simplement pas la foi. Il croit en sa grand-mère, et c'est pour cela qu'il peut utiliser ses dons au cours d'un exorcisme.


II : Histoire personnelle :

Quand il était tout petit, Arnaud et ses parents allaient passer les vacances d'été chez sa grand-mère, dans sa vieille maison du Cotentin. L'enfant aimait cette bâtisse d'un autre âge dont les murs blancs l'aveuglaient en plein soleil. Il aurait volontiers couru partout à chaque visite, et poussé avec fracas les volets bleu ciel quand il se levait le matin, mais là-bas, il fallait bien se tenir : Mamie n'était pas quelqu'un avec qui on pouvait se permettre de rigoler. Hildegarde Brecqhou était une vieille dame à qui on donnait difficilement un âge : son corps pouvait bien avoir cent ans, tant il était fripé et couvert de taches brunes, ses veines couraient le long de ses bras et de ses jambes, parfois même sur un bout de gorge dévoilé, grosses et vertes - Arnaud plissait le nez et détournait les yeux, quand il les voyait ; mais dans ses yeux brillait une étincelle farouche, comme si elle eût défié quiconque de lui imposer un âge. Les ans n'avaient pas d'emprise sur son âme, semblait-il, et elle en faisait autant que lorsqu'elle avait soufflé ses cinquante bougies, comme elle se plaisait à dire. Arnaud, encore jeune, croyait que cela voulait dire que sa grand-mère était immortelle. Ça ne lui paraissait pas impossible : elle était énergique et menait tout le monde à la baguette quand ils étaient chez elle, même son père, pourtant à la tête de leur petite famille. Quand ils rentraient chez eux, dans leur appartement de ville, l'ambiance était plus détendue : ils ne risquaient plus de contrarier Hildegarde à chaque instant. Les parents ne se sentaient plus autant obligé de se montrer attentionnés avec leur fils.
Quand il était tout petit, Arnaud était un enfant tout ce qu'il y a de plus normal. Il parlait parfois tout seul dans son coin, comme s'il tenait une conversation avec quelqu'un, mais ses parents de s'en inquiétaient pas : c'était de son âge d'avoir des amis imaginaires. Petit à petit, cependant, leur opinion se modifia : Arnaud ne se contentait plus de jouer à ça dans sa chambre, il se mit à dialoguer en pleine rue. Ses parents eurent beau le disputer, lui dire d'arrêter de "faire semblant", rien n'y fit : le petit garçon continuait son manège avec un naturel tout bonnement insolent. Ils l'emmenèrent voir plusieurs pédiatres qui essayèrent, en vain, de cerner le problème. On lui prescrivit des médicaments, un temps, mais ils abrutirent l'enfant sans faire cesser ce que ses parents avaient finir par prendre pour des hallucinations.
La dernière fois qu'Arnaud vit son père et sa mère, c'était pendant l'un de leurs séjours dans la maison du Cotentin. Le ciel était couvert de nuages gris qui filaient à toute allure, portés par le vent marin qui fouettait le visage du petit garçon, immobile dans le jardin. Il essayait d'attraper un gros chat roux qui se laissait approcher avant de filer et de sauter sur le muret en brique qui délimitait la propriété. Un peu plus tôt, Arnaud avait demandé à son père de l'aider, mais ce dernier, après avoir fouillé le jardin des yeux, lui avait adressé un regard terrible. Il était rentré à l'intérieur en claquant la porte, plantant son fils là. On lui avait appris qu'il ne fallait pas écouter les conversations des grandes personnes, alors il s'éloigna de la porte. Il n'entendit pas sa mère pleurer qu'elle n'en pouvait plus, ni son père dire qu'il faudrait le retirer de l'école, peut-être même le faire interner s'il continuait en grandissant ; s'il les avait écouté, il aurait compris que ses parents ne se sentaient pas capable d'assumer sa folie. Il n'entendit pas non plus sa grand-mère s'élever contre leur décision, et tout ce qui suivit. Quand elle le rejoignit dans le jardin, il entendit des portières claquer, et bientôt leur voiture passa sur le chemin de terre près du muret. Arnaud la regarda s'éloigner, le coeur serré, tandis que sa grand-mère lui expliquait qu'il allait rester ici quelques temps. Il avait huit ans.
Les années passèrent. Arnaud revit ses parents de temps en temps, au cours de la première année, puis ils se contentèrent de passer un coup de téléphone. Quand il eut douze ans, il ne recevait plus qu'une carte à Noël. Sa grand-mère était gentille, quoique un peu stricte. Plusieurs fois, Arnaud souffrit d'avoir été abandonné, mais les bras d'Hildegarde étaient là pour le serrer contre elle et le réconforter. Il se disait que, si ses parents étaient partis en le laissant derrière eux, c'est qu'il avait dû faire quelque chose de mal, bien qu'il ne sache pas trop quoi. C'est pour cette raison qu'il décida qu'avec sa grand-mère, il se montrerait exemplaire, pour qu'elle le laisse rester. Seulement la vieille dame était assez exigeante : Arnaud subissait souvent ses critiques, et il redoublait d'efforts pour lui plaire.
Un matin qu'il préparait le petit déjeuner pour eux deux, il trébucha alors qu'il ramenait la casserole de lait sur la table. La poignée lui échappa des mains. Il vit le liquide brûlant s'étaler en nappe au-dessus de sa grand-mère qui, tranquillement attablée, n'avait pas vu ce qu'il se passait. Arnaud poussa un cri, elle tourna la tête et... le lait éclaboussa la chaise. Le garçon dévisagea un instant la scène, refusant de croire ce qu'il venait de voir : le lait avait traversé sa grand-mère. Tandis que la vieille dame poussaient des hauts cris parce qu'il avait sali le sol de la cuisine, il tendit la main vers elle ; ses doigts s'enfoncèrent dans son épaule sans qu'il sente aucune différence. Il se recula aussitôt, terrifié. Hildegarde elle-même semblait surprise. Elle essaya à son tour, mais sa main à elle tâtait sans mal l'étoffe de la robe de chambre qu'elle portait.

« Arnaud, réessaye, lui demanda-t-elle.
— Mais Mamie...
— Réessaye ! »

À contre-coeur, il renouvela l'expérience. Le résultat fut exactement le même, à ceci près qu'Arnaud se rendit compte que s'il y regardait bien, il pouvait distinguer la forme de sa main à travers l'épaule.

« Tu sens quelque chose ?
— Rien du tout. »

Ne comprenant rien au phénomène, ils montèrent à l'étage pour se préparer à aller voir le médecin, qui leur expliquerait de quels microbes il s'agissait, puis leur prescrirait des antibiotiques. Mais quand elle entra dans sa chambre, Hildegarde retint un cri. Quelqu'un était allongé dans son lit! Elle s'approcha prudemment de la forme inanimée. Quand elle se trouva tout près de l'intrus, elle ne put cette fois s'empêcher de pousser une exclamation d'effroi : la personne dans son lit, c'était elle! Elle voulut la toucher pour confirmer ce qu'elle voyait, mais comme avec son petit fils, ses mains traversèrent son corps sans vie. Hildegarde n'était pas idiote, elle comprit ce qui se passait et ce qu'elle avait à faire. La première chose était de mettre Arnaud au courant le plus doucement possible, pour ne pas l'effrayer. Cette partie-ci fut compromise quand le garçon passa sa tête dans l'encadrement de la porte laissée grande ouverte - l'avait-elle seulement fermée avant de se coucher, hier soir? Elle ne s'était pas sentie bien et avait dû essayer de créer un courant d'air, pour faire passer sa nausée - et vit sa grand-mère. Deux fois.

« Ce n'est rien, Arnaud, ce n'est rien ! s'empressa de le rassurer Hildegarde en s'approchant de lui, Je suis juste...
— Juste quoi ? insista-t-il comme elle hésitait.
—... juste morte, il me semble, acheva-t-elle, abandonnant l'idée de lui annoncer la chose de manière subtile.

Il fallut tout de même quelques minutes à Arnaud pour se persuader qu'il ne rêvait pas — Hildegarde elle-même avait du mal à y croire — et accepter la situation. Après ça, la grand-mère reprit les choses en main : avant de faire quoi que se soit d'autre, Arnaud devait aller nettoyer le sol de la cuisine, le lait allait rendre le carrelage collant si on ne l'épongeait pas tout de suite. Il n'osa pas protester et s'exécuta, pendant qu'elle essayait vainement d'attraper ses affaires dans sa penderie. Ses mains passaient non seulement au travers des cloisons de bois, mais aussi au travers de ses vêtements. Elle était toujours en robe de chambre, chemise de nuit et pantoufles ; imaginer qu'elle devrait rester dans cette tenue la mettait dans l'embarras.
Ce n'est qu'une fois qu'Arnaud fut prêt qu'elle consentit à ce qu'il appelle le curé de leur paroisse. Ce dernier promit de venir sur le champ, du moins une fois qu'il aurait contacté l'hôpital le plus proche afin qu'ils viennent constater le décès et emportent le corps.
L'enterrement eut lieu quelques jours plus tard. Les parents d'Arnaud y assistèrent, mais ils ne repartirent pas avec leur fils. Ce fut le curé qui, pris de pitié pour l'enfant l'enfant, décida de le prendre sous son aile. De son vivant, Hildegarde s'était montrée active au sein de la paroisse, notamment dans l'organisation de la kermesse, et il avait plus d'une fois de la voir avec Arnaud sur les bancs de l'église. Les parents ne s'y opposèrent pas : leur fils ne leur avait pas semblé changé quand ils l'avaient vu, aussi cela fut-il pour eux un soulagement que de ne pas avoir à le placer en institut spécialisé. Hildegarde, pour sa part, trouvait que cet arrangement était une bonne idée : le père Colas était un homme droit et intègre, il saurait inculquer à Arnaud les préceptes qui en feraient quelqu'un de bien. Une fois de plus, elle rassura son petit-fils sur son sort. Le père Colas est gentil, tu devras prendre exemple sur lui, lui dit-elle, mais ses paroles n'apaisèrent pas l'enfant qui voyait à nouveau un membre de sa famille l'abandonner. Sa grand-mère fut touchée par sa peine. Renonçant à trouver le repos dans l'immédiat, elle lui promit donc de rester auprès de lui tant qu'il aurait besoin d'elle — elle ne lui présenta pas la chose si doucement, il y avait du reproche dans sa voix, mais le résultat était le même.
Arnaud passa donc son adolescence chez le père Colas, qui se chargea de son éducation religieuse. Au moment d'aller se coucher, après ses prières, Hildegarde lui récitait souvent des passages de la Bible. Avec le temps, cependant, Arnaud en eu de plus en plus assez : l'encens le faisait étouffer. Il voyait toujours des esprits et il lui arrivait de communiquer avec eux, ce qui avait attisé la curiosité du curé, mais quand il lui avait révélé son don étrange, l'homme d'église ne l'avait pas traité avec le même mépris que l'avaient fait les autres. Il s'était contenté de hocher la tête, et de lui dire qu'il arrivait que le Ciel accorde des présents à ses fidèles.
Dans leur village, les gens étaient encore très croyants. Un jour — Arnaud avait dix-huit ans — un couple se rendit auprès du curé. Celui-ci retirait son habit de messe quand ils lui présentèrent leur requête : qu'il libère leur fille du démon. Arnaud avait déjà croisé ces gens, il savait que leur fille devait avoir dix ou onze ans, les cheveux bruns, le visage constellé de taches de rousseur. À sa grande surprise, le père Colas accepta et leur répondit qu'il passerait chez eux le soir même. Le jeune homme n'en revenait pas : prêcher la parole de Dieu, okay, mais combattre le Diable? À quelles conneries allait-il se livrer cette nuit? Il accompagna néanmoins son tuteur une fois la nuit tombée, suivi comme toujours de sa grand-mère, laquelle n'eut de cesse de lui durant tout le trajet qu'il ne devait pas mettre ses mains dans ses poches. Pour une fois, Arnaud fit la sourde oreille ; ce n'était pas un spectre qui risquait de se les cailler!
Quand ils arrivèrent, le couple leur ouvrit précipitamment et les conduisirent dans la salle de bain : la petite fille était attachée dans la baignoire et se tordait dans tous les sens en gémissant ; les douches froides qu'elle avait reçu n'avaient pas suffis à la calmer. Arnaud n'eut pas le temps de protester contre un tel traitement — et si la petite était simplement malade? — : une forme floue tournait à toute vitesse autour d'elle en poussant un cri aigu. Elle disparaissait parfois dans le mur et ressortait par le miroir ou le plafond ; chaque fois qu'elle frôlait l'enfant, cette dernière frissonnait avant de se débattre plus fort. Pendant que le père Colas se préparait à l'exorcisme, les yeux d'Arnaud s'habituèrent à la ronde folle de la silhouette vaporeuse : il distingua d'abord des cheveux noirs, plutôt longs, une tunique blanche de laquelle émergeaient des membres minces et blancs ; un visage tordu par la douleur, enfin. Quand il le vit, le jeune homme recula, saisi d'horreur, mais sa grand-mère à ses côtés hocha tristement la tête.

« Je suis prêt, » fit soudain la voix du père Colas.

Le curé, après avoir trempé ses doigts dans une coupelle remplie d'eau bénite, traça un signe de croix en direction de la petite fille, lui lançant quelques gouttes qui, lorsqu'elles touchèrent la forme floue, ralentirent ses mouvements. Arnaud put alors clairement distinguer une fille de l'âge de celle attachée au robinet de douche. Elle regarda le curé d'un air méchant, mais les paroles de celui-ci la coupèrent dans son élan : il récitait les litanies des saints.  Par le passé, il avait déjà abordé le sujet de l'exorcisme avec son protégé, mais c'était la première fois qu'il lui en faisait la démonstration. Pendant qu'il parlait, le fantôme se contorsionnait dans les airs, sans jamais toucher le plafond, en poussant une série de cris brefs, perçants. Le psaume qui suivit les litanies ne lui plut pas davantage.

« Par Ton Nom, Dieu, sauve-moi !
Par Ta Puissance, rends-moi justice
Dieu, entends ma prière
Écoute les paroles de ma bouche

Des étrangers se sont levés contre moi
des puissants cherchent ma perte
ils n'ont pas souci de Dieu

Mais voici que Dieu vient à mon aide
Le Seigneur est mon appui entre tous
Que le mal retombe sur ceux qui me guettent
par Ta Vérité, Seigneur, détruis-les !

De grand coeur je t'offrirai le sacrifice
je rendrai grâce à Ton Nom, car il est bon !
Oui, il m'a délivré de toute angoisse
j'ai vu mes ennemis défaits, »
récitait le père Colas d'une voix imperturbable.

Quelques prières et autres invocations contre les démons fut encore dites, avant que le curé ne mette un terme à l'exorcisme. Le fantôme s'évanouit alors dans l'air, et le silence se fit. Dans la baignoire, la petite fille dodelina de la tête, puis parut s'endormir. Sur un signe de tête de son tuteur, Arnaud s'empressa de la détacher. Ses parents entrèrent alors dans la pièce et emportèrent l'enfant dans sa chambre. Ils ne manquèrent pas de remercier chaleureusement le curé ; la mère était en larmes et parlait de "reconnaissance éternelle" d'une voix entrecoupée de sanglots.
Après cet évènement, Arnaud se posa beaucoup de questions. Le père Colas n'était pas comme lui, il ne possédait pas de sixième sens, et pourtant il venait en aide aux fidèles contre les choses de l'occulte. Lui, il pouvait voir les esprits, et il ne lui était pas plus difficile de les entendre et de leur parler ; pourquoi, alors, n'avait-il jamais rien tenté pour ceux qu'il croisait, quand la raison de leur présence sur Terre était sans doute qu'ils ne parvenaient pas à trouver le repos? Les reproches de sa grand-mère abondèrent dans ce sens : Dieu lui avait accordé le don du Troisième Oeil, et pour quoi s'en servait-il? Pour tailler la causette! On n'avait pas idée!
Le hasard voulut que quelques temps après, Arnaud trouve une feuille de papier abandonnée sur l'un des bancs de l'église. Avant de le jeter, il y jeta un coup d'oeil : il s'agissait d'un prospectus au message qui sortait de l'ordinaire, c'était le moins qu'on puisse dire.

SAM 
Service d’Aide aux Morts 
 
Vous ne savez pas tout ce que les vivants peuvent faire pour vous ! 
 
 
 
Bienvenue dans notre charmant manoir ! 
Vous êtes mort, mais vous avez un léger souci ? 
Pas de problème, notre équipe est là pour vous servir ! Retrouver votre corps, vous venger de votre meurtrier, vous aider à trouver le repos éternel, ou encore accomplir votre dernière volonté sont quelques-uns des services que nous vous proposons ! 
Vous êtes encore vivant, et un esprit se joue de vous ? 
Exorcisme, protections et bottage de cul de cet enfoiré sont dans nos cordes ! (Moyennant payement bien entendu). 
Vous entendez des voix ? Vous discutez souvent avec des gens qui semblent invisibles, et qui, étrangement, savent super bien traverser les murs ? Alors rejoignez notre entreprise, nous recrutons ! 
 
Vivant ou mort, SAM, à votre service ! 


Suivait l'adresse du manoir suscité, près d'une ville du nom de Ravensburg. Arnaud n'en avait jamais entendu parler, mais cela réveilla quelque chose en lui. Il sentait confusément qu'il obtiendrait là-bas les réponses qu'il cherchait depuis l'exorcisme de la petite fille. Il ne lui vint pas à l'esprit qu'il pouvait s'agir d'une fausse publicité, d'une mauvaise blague. Il fit donc ses adieux au père Colas après l'avoir remercié de tout ce qu'il avait fait pour lui durant toutes ces années, puis il prit la route — ou plus exactement les transports en commun, l'époque ne se prêtait pas vraiment au vagabondage.
À présent, Arnaud est arrivé au bord de la Mer Sanglante et s'est mit en quête du manoir du SAM, accompagné de sa grand-mère toujours affublé de sa robe de chambre et plus critique que jamais — les majordomes n'ont qu'à bien se tenir!


_______________________


Voilàààà, j'attends vos critiques ^^


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MessagePosté le: Sam 27 Sep - 19:39 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Lilith Erendheim
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 13:50 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

Pour moi c'est OK

(encore un qui vient avec son PNJ... ça devient une mode ^^)

Un deuxième avis arrivera dès que possible et la validation viendra avec je pense
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Louis Von D.
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 15:00 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

C'est bon pour moi aussi \o/
Welcome par minou !

(*s'enterre*)
(*se déterre*)
(je suis une taupe ._.)

Pour le RP, nous avons une mission en cours dans laquelle tu pourras t'inserrer avec Max. J'te tiendrai au courant quand ça sera fait ^^
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Arnaud Bazin
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 15:13 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

Hello!
Ben, merci à vous deux pour votre validation @__@

*prend un maillet et cogne la tête de la taupe*
*adore ce jeu*

Lilith a écrit:

(encore un qui vient avec son PNJ... ça devient une mode ^^)


Bwarf, je savais pas ça ^^; De toute façon, mamie restera la plupart du temps cloîtrée au manoir à critiquer la tenue des majordomes, les missions, c'est plus trop de son âge XD

Une mission avec le sac à puces? Pas de problème, tant qu'il vient pas baver sur moi ^^


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Louis Von D.
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 16:11 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

* assome * ici c'est moi le violent è_é, pis t'as interêt à rester très sage si tu veux pas que je porte atteinte à ta virginité anale en rp ! è_é na !  Tongue

(je suis gentil, joli, pur, chaste, innocent, et pis j'fais pas peur aux nouveaux ! Very Happy )
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 16:46 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

Tu as été inclus dans la mission ! (cf ce joli topic : http://sam.xooit.fr/t123-Mission-Team-1-et-4-La-chasse-volante.htm?start=15… )
have fun \o/
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Arnaud Bazin
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 17:05 (2008)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~] Répondre en citant

Merci! J'y répondrai aussi vite que possible (comprendre : pas aujourd'hui ni demain, mais avant samedi XD).
Je profite de ce post pour répondre à l'horrible cabot que vous avez récemment validé :

la grosse chose baveuse a écrit:

Je me vautrerai sur ton lit après m'être roulé dans la boue, je vômirai dans ton tiroir à chausettes et je boufferai tes chaussures préférées.

BWHAHAHAHAHA!


Ah ouais? AH OUAIS?! Ben moi je planquerai ton os! Je ferai de la ciure de tes baballes à mâcher! J'regarderai même pas dans le rétroviseur en faisant sortir la voiture du garage! Et tu seras un FANTÔME DE CHIEN! En BOUILLIE!
... J'veux pas d'chien dans ma maisooooon! ♪


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:04 (2018)    Sujet du message: Arnaud Bazin [fini~]

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